Le professeur Jean-Pierre Collin de l'INRS et sa collègue Sandra Breux de l'Université de Montréal, tous deux membres du Réseau Villes Régions Monde, présenteront l'état des lieux de la recherche en études urbaines au Québec au cours de la dernière décennie. En dressant ce bilan, ils en feront ressortir les particularités et les grandes tendances. De plus, ils mettront en lumière les grands enjeux urbains et les outils élaborés pour les analyser, de même que les avenues à explorer dans l'avenir.
Soulignons la parution récente du livre Dix ans d'études urbaines au Québec. Bilan et perspectives d'avenir publié aux Presses de l'Université Laval sous la direction de Geneviève Cloutier, Jean-Pierre Collin et Claire Poitras du Centre Urbanisation Culture Société. Le collectif d'auteurs retrace les développements de la recherche en études urbaines qui se caractérise par son dynamisme, l'importance accordée au travail de terrain et au développement méthodologique.
Roger Keil (York University)
Détenteur d'un doctorat en science politique de la Johann Wolfgang Goethe Universität, Roger Keil est le directeur du City Institute et professeur à la Faculté Environmental Studies à la York University. Ses recherches portent principalement sur l'urbanisme suburbain dans un contexte global, sur les villes et les maladies infectieuses, et sur la gouvernance régionale. Parmi ses publications récentes : The Global Cities Reader (dirigé avec Neil Brenner; Routledge, 2006); Networked Disease: Emerging Infections and the Global City (dirigé avec S. Harris Ali; Wiley-Blackwell, 2008); Changing Toronto: Governing the Neoliberal City (avec Julie-Anne Boudreau et Douglas Young; UTP 2009); Leviathan Undone? The Political Economy of Scale (dirigé avec Rianne Mahon, UBC Press, 2009) et In-between Infrastructure: Urban Connectivity in an Age of Vulnerability (dirigé avec Douglas Young et Patricia Burke Wood, Praxis(e) Press).
João Sette Whitaker Ferreira (Universidade de São Paulo)
Après des études en architecture et urbanisme et en économie au 1er cycle ainsi qu'en science politique au 2e cycle, João Sette Whitaker Ferreira obtient en 2003 un doctorat en architecture et urbanisme de l'Universidade de São Paulo. Il est professeur à la Faculté d'architecture et d'urbanisme à l'Universidade de São Paulo (FAUUSP) et à l'Universidade Presbiteriana Mackenzie-SP. Vice-coordonnateur de la concentration Habitat du programme de deuxième cycle de la FAUUSP, il est aussi chercheur senior au LabHab, laboratoire de recherche sur les établissements humains, qu'il coordonne. Il codirige également un groupe de recherche, de production et de gestion de l'habitation sociale au Brésil à l'Université Mackenzie. Il est également consultant en architecture et urbanisme autour des thèmes suivants : politiques d'habitation sociale, développement urbain, outils de planification, économie urbaine et marché immobilier, globalisation et villes globales. Il est l'auteur du livre O mito da cidade-global: o papel da idelogia na produção do espaço urbano (Vozes, 2007).
Marc V. Levine (University of Wisconsin, Milwaukee)
Détenteur d'un doctorat de l'University of Pennsylvania, Marc V. Levine est professeur aux départements d'histoire et d'études urbaines de l'University of Wisconsin à Milwaukee. Il est également directeur-fondateur du Center for Economic Development, directeur du Center for Canadian-American Policy Studies et du Consortium for Economic Opportunity de l'University of Wisconsin. Ses intérêts et ses activités d'enseignement sont liés à l'histoire urbaine nord-américaine et aux politiques publiques. Ses travaux se concentrent sur les enjeux de changement économique, de développement urbain et de diversité culturelle dans la ville. Il est l'auteur du livre La reconquête de Montréal (Montréal: VLB Editeur, 1997) et travaille présentement sur un livre qui porte sur l'histoire du développement urbain, la ghetto poverty et la restructuration métropolitaine de Baltimore, depuis les années 1950.
Comprendre le type d'environnement où la pauvreté urbaine augmente est essentiel pour la mise en ouvre de politiques sociales mieux adaptées aux populations vulnérables La pauvreté urbaine est souvent perçue comme un problème limité aux quartiers centraux. Toutefois, plus récemment, cette perception a été remise en question par des chercheurs qui suggèrent qu'il y aurait une croissante décentralisation des populations plus pauvres au sein des aires métropolitaines -notamment vers les banlieues de l'après-guerre. Autrement dit, apparaissent des zones de pauvreté suburbaines qui partagent certaines caractéristiques avec les quartiers centraux tout en se différenciant des banlieues typiques des classes favorisées. Pourtant, peu d'études ont mis l'accent sur la croissance de la pauvreté suburbaine. Notre thèse vise à caractériser les zones d'augmentation de la pauvreté dans les trois grandes métropoles canadiennes : Montréal, Toronto et Vancouver. L'une des composantes de notre recherche doctorale est d'évaluer si l'augmentation de la pauvreté est associée à des types de cadre bâti particuliers. Après avoir élaboré une typologie des secteurs métropolitains basée sur des variables du cadre bâti, une analyse de variance nous a permis d'explorer le lien entre ces différents types et le changement dans le taux de pauvreté. Ensuite, en utilisant un modèle de régression, nous avons établi le lien entre le cadre bâti et un ensemble de données de logement, structure familiale et revenu des recensements de 1986 et de 2006.
Josefina Ades est candidate au doctorat en études urbaines à l'Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation, culture et société (INRS-UCS). Elle détient un baccalauréat en Science Politique de l'Université de Buenos Aires et depuis sa maîtrise en études urbaines, aussi à l'INRS-UCS, elle s'intéresse aux dimensions spatiales de la pauvreté urbaine au sein des métropoles canadiennes. Ses champs d'intérêts portent sur les implications de la décentralisation des espaces de pauvreté pour les populations vulnérables. Durant son parcours académique, elle a participé à différents projets de recherche liées à l'urbain au sein des villes mexicaines et canadiennes. Elle a aussi enseigné au département d'études urbaines et touristiques (DEUT) à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM).
Un regard anthropologique, un intérêt pour la communication non-verbale et un premier séjour à Los Angeles ont permis de poser les bases d'une question qui allait inspirer ma thèse : à qui servent les espaces de Los Angeles, ville étendue et fragmentée, reconnue pour ses autoroutes et son industrie de la fiction? Le parcours réalisé pour répondre à cette question, ainsi que les réponses obtenues, sont l'objet de cette présentation. Cinq espaces publics du centre-ville de la Ville des anges ont été étudiés pendant une centaine d'heures en 2008-2009. Des espaces privés aux parc-natures en passant par les squares historiques, Los Angeles offre une variété d'espaces publics, ouverts et fréquentés par différents usagers locaux et étrangers. Des citadins de tout horizon socialisent et négocient leur coprésence dans ces espaces, malgré la surveillance et la consommation qui se veulent des stratégies de contrôle public. Loin d'être vides ou « morts », les espaces publics de Los Angeles répondent en tout point aux objectifs de ces lieux uniques : favoriser la création de liens et améliorer la qualité de vie en ville. La fragmentation propre à la métropole californienne s'exprime donc aussi par sa multitude d'espaces publics accessibles et dynamiques. Cette offre est malheureusement assez méconnue de la culture populaire et scientifique. De ce projet naissent donc plusieurs recommandations visant la promotion des espaces publics existants et des projets futurs nombreux afin d'accroître leur fréquentation et d'encourager leur entretien et création.
Nathalie Boucher détient un doctorat en études urbaines, de l'Institut national de la recherche scientifique - Centre Urbanisation Culture Société, Montréal. Depuis sa maîtrise en anthropologie, elle s'intéresse à la communication, qu'elle situe à l'intersection de la diversité sociale et de l'espace public. Sa thèse porte sur la fragmentation urbaine et les interactions dans les espaces publics de Los Angeles, qu'elle a réalisée à partir du Laboratoire Vespa de l'INRS-UCS. Sa recherche postdoctorale au Centre of Excellence in Natural Resource Management de l'University of Perth, Western Australia portera sur les espaces publics aquatiques en ville (au Canada, en Inde, au Mexique et au Nicaragua). Elle a enseigné la méthodologie et la sociologie urbaine à l'UQÀM et à l'Université d'Ottawa. Elle met à profit son expérience pour promouvoir la sociabilité dans les espaces publics via le projet R.Es.P.I.R.E. Elle est présentement membre du comité exécutif de la Société canadienne d'anthropologie, et la co-éditrice de Multimedia Matters, un éditorial mensuel d'Anthropology News.
L'identification des points chauds est devenue un enjeu d'importance en criminologie. Bien que plusieurs études aient analysé les crimes violents et contre la propriété, peu d'entre elles ont abordé la question des crimes liés aux drogues. En parallèle, de nombreux pays développés connaissent actuellement une popularité croissante du cannabis produit localement. L'objectif de notre mémoire est 1) de mettre en lumière les agrégats spatio-temporels d'activités de production de cannabis et 2) de comparer les patterns de localisation selon le mode de production (en terre ou hydroponique). Pour ce faire, nous utilisons des données policières d'arrestations anonymisées ayant eu lieu au Québec, entre 1999 et 2009. Ces données (dates des arrestations et municipalités où elles ont eu lieu) ont été géocodées au niveau de la municipalité dans un système d'information géographique (SIG). Puis, nous avons pris en compte les mois et les années en ce qui a trait à l'ancrage temporel. Pour répondre aux objectifs de recherche, nous avons favorisé les statistiques de balayage de Kulldorff, car elles prennent simultanément en compte les dimensions spatiales et temporelles en plus de contrôler les résultats à travers une population à risque. Dans notre cas, il s'agit des effectifs de population pour chaque municipalité tirés du recensement canadien de 2001 et de 2006. Enfin, nous explorons la proximité des points chauds des grands centres urbains au Québec, où la base de consommateurs est plus forte.
Titulaire d'un baccalauréat en criminologie de l'Université de Montréal, Véronique Chadillon-Farinacci poursuit présentement ses études au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS à la maîtrise en études urbaines où elle réussit à conjuguer sa passion pour la ville et la recherche sur la criminalité. Son projet porte sur l'analyse spatiale de la culture de cannabis au Québec. Elle est associée au Laboratoire d'analyses spatiales et régionales (LASER). Elle a été impliquée au sein du Jeune Conseil de Montréal, organisation sans but lucratif qui vise à sensibiliser les jeunes à la scène municipale. Active au sein de l'Association étudiante du Centre, elle est, entre autre, la fondatrice du Club sportif des étudiants.
L'accès à un logement convenable et abordable s'avère l'un des piliers de l'insertion des nouveaux arrivants à une société réceptrice. On doit aussi porter attention à la trajectoire résidentielle -définie comme l'ensemble des processus par lesquels les nouveaux arrivants occupent des logements au fil du temps et des événements de leur vie, un processus influencé par le niveau d'intégration de leur groupe ethnoculturel à la société, puis aux différentes structures socioéconomiques et politiques du marché résidentiel, de la ville d'accueil, et de la société d'accueil. La recherche sur laquelle s'appuie mon mémoire vise à mieux comprendre les modes d'accès au logement, puis les conditions résidentielles du sous-groupe de nouveaux arrivants que constituent les réfugiés et demandeurs d'asile en provenance d'Afrique subsaharienne. L'étude du cas des réfugiés et demandeurs d'asile africains subsahariens à Montréal démontre que la trajectoire résidentielle ne présente pas toujours une progression en termes de qualité des logements, de satisfaction résidentielle ou d'abordabilité. Les prix du marché locatif privé ainsi que la qualité du parc résidentiel montréalais représentent des obstacles de taille à l'accès au logement. Par contre, le capital social revêt une importance particulière dans les conditions d'accès à un logement convenable et abordable. Les trajectoires résidentielles des participants à l'étude sont représentées sur des schémas qui illustrent à la fois les parcours d'établissement dans une perspective chronologique et une possible relation entre les concepts d'autonomie et de satisfaction résidentielles.
Après avoir complété un baccalauréat en science politique avec une concentration en philosophie politique, Alexandra Guay-Charrette a réalisé une maîtrise en études urbaines à l'INRS dans une perspective plus empirique. Intéressée par les enjeux de citoyenneté et de démocratie, sa maîtrise lui a permis de se familiariser avec l'ethnographie et autres méthodes d'enquête sur le terrain. Tant dans son travail de maîtrise que dans ses contributions aux projets du Centre Metropolis du Québec - Immigrations et Métropoles, elle a pu combiner la recherche théorique à la collecte et à l'analyse de données de première source. Elle a eu l'occasion d'être en contact avec les mouvements des forums sociaux, -elle a participé à celui de Nairobi au Kenya et à l'organisation du premier forum social québécois. Elle est actuellement candidate au doctorat à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa où elle poursuit; ses recherches sur les questions d'immigration au Canada.
Au cours des dernières décennies, les dynamiques migratoires des villes nord-américaines ont été caractérisées par l'étalement urbain et le déclin démographique des villes centres. Plusieurs grandes agglomérations canadiennes ont été particulièrement touchées par ces changements démographiques rapides. Dans le contexte montréalais, le départ continu des jeunes ménages avec enfants vers les banlieues avoisinantes constitue un des enjeux cruciaux du développement de la métropole. Pourtant, peu d'études récentes se sont penchées sur les préférences résidentielles des familles de classe moyenne en ville, ce qui contraste avec la place qu'elles occupent dans les médias ainsi que dans les discours politiques et des promoteurs immobiliers. L'un des objectifs de ma recherche doctorale est d'explorer l'importance de l'attachement au quartier de la part des jeunes familles de classes moyennes vivant en ville et en banlieue. Est-ce que le quartier importe pour ces familles? Si c'est le cas, quelles sont les dimensions physiques, fonctionnelles, sociales et symboliques de cet attachement au quartier-? Comment s'articule cet attachement au quartier avec les nouvelles réalités qui confrontent nos villes et banlieues : mobilité des ménages, exode urbain, white flight, étalement de l'immigration, diversité sociale et ethnique. Des explorations préliminaires basées sur une trentaine entrevues permettent d'avancer que l'attachement et l'identification des jeunes ménages de classe moyenne à leur quartier sont d'un intérêt crucial. De plus, ils nous informent sur les pratiques et usages du quartier, de même que sur leurs préférences résidentielles, tout en apportant de nouveaux savoirs sur les dynamiques migratoires entre centre et périphéries.
Sandrine Jean est candidate au doctorat en études urbaines à l'Institut national de recherche scientifique - Urbanisation, culture et société (INRS - UCS) sous la direction d'Annick Germain et de Richard Morin (UQAM). Détentrice de la bourse Joseph-Armand Bombardier du CRSH, elle est diplômée d'anthropologie à l'Université de Montréal où elle a complété un mémoire de maîtrise portant sur les représentations sociales de la ruralité et de l'urbanité québécoise contemporaine auprès de jeunes du Bas-Saint-Laurent et de Montréal. Ses champs d'intérêts portent la localisation résidentielle et l'étalement urbain, sur les jeunes familles en ville et en banlieue ainsi qu'aux modalités d'attachement aux lieux. Elle a participé à plusieurs colloques tant au Québec qu'à l'International, tel qu'à Amsterdam en juillet dernier. Elle travaille aussi à la Direction de santé publique de Montréal sur un projet auprès de jeunes hébergés en centre jeunesse.
Sandra Breux est professeure adjointe à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal. Elle est membre du réseau Villes Régions Monde, chercheure associée à l'Observatoire Ivanohé Cambridge du développement urbain et immobilier et également au Groupe de recherche Métropolisation et Société (MéSo) et au Groupe de travail sur les déterminants et la gestion de la biodiversité urbaine. Ses principaux champs d'intérêt allient la géographie urbaine (étude des représentations territoriales et de leurs influences sur les comportements individuels), l'aménagement (principalement autour des notions de projet urbain, d'habitat et de périurbanisation), la science politique (analyse des territoires politiques de référence des individus, élections municipales) et la méthodologie (essentiellement autour des potentialités de la carte mentale).
JOURNÉE ÉTUDES URBAINES
|
|
|
385, rue Sherbrooke Est |